En bref
Autrefois site de fabrication d’armes chimiques, une région près de Denver est devenue un refuge pour la faune. Grâce à des efforts de nettoyage, elle abrite aujourd’hui bisons, aigles et bien d’autres espèces. Cette transformation montre comment la nature peut reprendre ses droits si on la laisse tranquille.
Un passé chargé d’histoire
À l’origine, l’Arsenal de Rocky Mountain était un lieu de production d’armes chimiques après la Seconde Guerre mondiale. Situé près de Denver, il s’étendait sur de vastes prairies où étaient fabriquées des substances dangereuses comme le gaz moutarde et le phosphore blanc. En 1982, la zone était fortement polluée, mais un tournant inattendu s’est amorcé.
Un refuge inattendu
Malgré la pollution, une vaste zone autour de l’usine est restée inoccupée et sécurisée par des clôtures. Sans intervention humaine, la nature a pu reprendre ses droits, avec des herbes qui ont poussé et des animaux sauvages comme les cerfs et les oiseaux de proie qui ont prospéré.
En 1986, la découverte d’aigles chauves, espèce menacée, a suscité un grand intérêt. L’Arsenal abritait plus de 300 espèces de faune, incitant les autorités à repenser l’avenir de la région.
Efforts de nettoyage et transformation
Dans les années 1980, l’Arsenal a été classé site Superfund, déclenchant l’une des plus grandes opérations de nettoyage environnemental des États-Unis. Ce processus, coûtant environ deux milliards de dollars et s’étalant sur plus de vingt ans, a impliqué l’élimination des sols contaminés et le traitement des eaux souterraines pour protéger l’environnement.
Progressivement, sous la supervision gouvernementale, les zones nettoyées ont été transformées en refuge pour la faune. En 1992, une loi a officialisé la création du Refuge national de faune de l’Arsenal, géré par le Service américain de la pêche et de la faune. En 2004, le refuge a ouvert au public, devenant l’un des plus grands refuges urbains du pays.
Retour des bisons et d’un prédateur rare
En 2007, 16 bisons ont été introduits depuis la réserve nationale de bisons du Montana, redonnant vie à la région après une longue absence. Le troupeau a grandi pour atteindre environ 250 animaux, attirant les visiteurs désireux de les observer de près.
En 2015, le refuge a commencé à réintroduire le furet à pieds noirs, un prédateur autrefois considéré comme éteint jusqu’à la découverte d’un petit groupe dans le Wyoming. Ce prédateur, qui se nourrit de chiens de prairie, s’adapte parfaitement à l’environnement de l’Arsenal.
Conclusion
L’histoire de l’Arsenal montre comment la nature peut s’épanouir lorsqu’elle est laissée à elle-même, même dans des lieux autrefois très pollués. Bien que le site ne soit jamais parfait, la faune a profité de l’isolement imposé par l’usine chimique, transformant la région en un sanctuaire naturel où la vie sauvage peut prospérer loin de l’intervention humaine.