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Les chèvres parlent-elles un dialecte secret ?

En bref

Des chercheurs ont découvert que les jeunes chèvres peuvent modifier leurs cris pour ressembler à ceux de leurs compagnons. Cela signifie que, comme les humains, les chèvres peuvent adopter des « accents » en fonction de leur groupe social. Cette découverte remet en question notre compréhension des capacités vocales des animaux.

Une découverte surprenante chez les chèvres

Dans une étude récente, des scientifiques ont révélé que les chevreaux sont capables d’adapter leurs vocalisations pour ressembler à celles de leurs congénères. Cela suggère que les animaux peuvent développer des « accents » en fonction du groupe avec lequel ils vivent, un phénomène que l’on pensait réservé aux humains et à quelques autres espèces.

Une expérience captivante

Cette étude a été menée par le Dr Élodie Briefer et le Dr Alan McElligott à l’Université Queen Mary de Londres et publiée en 2012. L’expérience visait à distinguer ce qui est hérité par les jeunes chèvres de ce qui est acquis de leur environnement. Vingt-trois chevreaux ont été divisés en petits groupes pour vivre ensemble.

Les chercheurs ont enregistré les cris des chevreaux à l’âge d’une semaine, puis à nouveau cinq semaines plus tard. Les résultats ont montré que les cris des jeunes chèvres devenaient remarquablement similaires au sein de chaque groupe.

Comprendre les accents chez les animaux

Il est important de noter que ce n’est pas une imitation consciente des sons par les chevreaux, mais plutôt une adaptation naturelle de leurs vocalisations à leur environnement social. Les chercheurs décrivent ce phénomène comme le développement d’un « dialecte » commun entre les jeunes chèvres.

Bien que la génétique joue un rôle dans la formation des sons, le mélange social a ajouté une nouvelle dimension, les jeunes chèvres adaptant leurs cris pour ressembler à ceux de leurs pairs dans le même groupe.

L’importance de cette découverte

Avant cette étude, on pensait que l’adaptation vocale à un groupe était une caractéristique rare chez les mammifères, limitée à certaines espèces comme les humains, les chauves-souris et les baleines. La découverte de ce phénomène chez les chèvres a été une surprise, car c’est le premier cas connu chez les animaux à sabots.

Les scientifiques ont expliqué que cette découverte pourrait représenter une forme limitée d’apprentissage vocal, où les chèvres modifient leurs appels existants pour correspondre à la tonalité locale sans créer de nouveaux appels.

Conclusion

Cette étude ouvre la voie à de nouvelles découvertes dans le monde animal. Si les jeunes chèvres peuvent développer des « dialectes », ce comportement pourrait être plus répandu chez les mammifères que nous ne le pensions. Cette découverte invite les scientifiques à reconsidérer les capacités cognitives des animaux que nous pensions bien connaître, et pourrait révéler des compétences restées cachées jusqu’à présent.